Dimanche 30 janvier 2011
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Grande cause nationale 2011, la solitude touche un français sur
dix, selon La Fondation de France.
Martin BUBER (1878-1965), philosophe, théologien, et conteur, écrivait "Au commencement est la relation" et encore"L'Homme est un être de relation". Buber nommait deux formes de relation, le Je-Tu et le Je-Cela : "Je deviens Je en disant Tu".
Ce qui sous tend inévitablement l'existence de sa propre solitude existentielle.
L'intégration
dans un groupe est un moyen qui permet un tant soi peu, de se protéger de la terreur
face à notre propre finitude. L'amour, l'amitié, la reconnaissance allègent cette
souffrance humaine, même si aucune relation ne peut supprimer totalement cette
angoisse fondamentale. Comment vivre, alors que tout rappelle à l'homme seul, isolé dans notre société, qu'il tombe jour après jour dans l'oubli? Simone Weil écrivait :
"Si tu veux devenir invisible, fais toi pauvre". Il faut renverser cet aphorisme, le pauvre devient invisible par sa situation. L'existence le quitte avant la vie.
Est ce dire que le besoin de communiquer est pour l'homme,
fondamental. "L'aller vers" est le propre de l'être vivant.
Malheureusement, pour des raisons complexes et multiples (sociales,
culturelles, économiques, physiques, affectives, mentales), un nombre important
d'êtres ne peuvent ou ne se sentent pas appartenir à la collectivité. Comment
faire face à ce vide, à ce silence autour de soi, comment s'évader de
cette prison insoutenable, où le sentiment d'exister a disparu?
... " Il n'avait jamais rencontré de patient qui
n'aimât pas subir un examen de sa vie au microscope. Le bonheur d'être scruté
de très près était tellement puissant que Breuer en avait déduit que le drame
de la vieillesse, du deuil et de la perte des êtres chers était précisément la disparition
de ce regard - de vivre sans être observé". (Et Nietzsche a pleuré - Yrvin
YALOM)
Comme l'a écrit R. MAHARSHI, "la solitude est une souffrance
muette". Impossible
de la dire, personne pour l'entendre : "si j'entendais ta solitude, tu ne
serais plus seul!".
La solitude renvoie à l'isolé un sentiment d'infériorité et
souvent de honte, par exemple après un échec sentimental ou la perte de son
travail, isolé du fait de son âge ou de sa maladie,...
Ces sentiments entraînent l'individu à se replier sur soi et à
ne plus s'appuyer sur ses ressources propres. Ce qui nourrit encore et encore la perte
du sentiment d'identité et de l'estime de soi.
La honte naît dans la relation à l'autre et ne peut de ce fait
disparaître que dans la relation. Sartre notait que "la honte est l'expérience du lien social".
Ce lien entre solitude et honte me semble essentiel pour comprendre et aider autrui à sortir de son isolement.
Entendre cette honte
- qui ne se manifeste généralement pas ouvertement mais prend des
voies détournées, tels l'enfermement dans le silence, l'agressivité voire
parfois des troubles du type paranoïaque, l'humour corrosif, une tonalité de voix ennuyeuse,... - c'est remettre de la réciprocité dans
la relation.
La honte est contagieuse, c'est une contagion émotionnelle. L'éprouver à un instant donné, face à un individu qui souffre d'isolement révèle que vous l'entendez. Alors,ne baissons pas le son!
Chaque année, la solitude tue. Combien d'entre nous mettent fin
à cette souffrance par le suicide?
(formatrice à SOS Amitiés)
Site : http://www.psycho-gestalt-pau.com